FASHION WEEK SS21 : REVIEW

11 October 2020

Discover our favorite takeaways and review from Paris SS21 Fashion Week

Written by 🇬🇧 Yari Fiocca @bestyarity  and 🇫🇷 Pacôme Bosq @etienne_etienne_etienne

DAY 1 : MARINE SERRE

🇬🇧 YARI:
Marine Serre’s aesthetic is the refugium peccatorum for the young consumers. With her dystopic short film Amor Fati – Latin phrase for ‘love of fate’ or the practice of accepting everything that has happened, is happening, and is yet to happen – the 2017 LVMH Prize winner wants to spur a dramaturgy of the ego through the clothes that every day everyone chooses to wear. The collection, made of biodegradable nylon clothes, cargo pants, second-skin bodysuits and tailored garments in jacquard fabrics is nourished by the typical meta-transgressive language of the French designer, even if this collection hasn’t reached the expected intensity. 


🇫🇷 PACÔME:
Avec un prélude instrumental des plus grinçants, Marine Serre nous plonge dans un univers clinique futuriste, pourtant évocateur des circonstances actuelles : les visages sont pour la plupart couverts par des visières de plastique qui nous sont familières, ou par des combinaisons-cagoule intégrales, uniforme déjà iconique du vestiaire de la marque.  La surreprésentation obsessionnelle du logo de la Sailor Moon envahit l’espace : brodé, imprimé sur les tissus, tatoué et même scarifié sur la peau, la secte expérimentale Marine Serre impose dans cette vidéo un univers de marque mystique et effrayant dont il est remarquable de voir au combien la collection s’y prête. Ainsi un collier projète les sujets dans une existence parallèle, des capes sont estampillées par un logo revisité en spirale hypnotique tandis que de la fumée d’encens émane de sacs en forme de bolas mystiques. Une vidéo immersive, sociétale, et pertinente qui éclate la question du genre par la non-binarité de ses « patients zéro ».


DAY 2 : DRIES VAN NOTEN



🇬🇧 YARI: Once again Dries Van Noten shaped a mood, a state of mind. With this collection, which draws inspiration from psychedelia, we have had a clearer and more than legitimate confirmation of the cerebral identity of the Belgian designer. The energy of the collection of soft pea coats, Bermuda shorts, perforated garments and stroboscopic prints comes like an undertow, prey to a sea that alternates frailty and power, impertinence and composure.


🇫🇷 PACÔME: Comme enivré par la décorporation de soi au travers d’une pensée psychédélique, intensifiée par le choix du format ‘story’ de la vidéo et de sa réalisation aux allures handmade, la caméra tremblote et Dries Van Noten dévoile une collection incarnée et vivante grâce à la spontanéité naturelle de ses modèles et de leur danse singulière. La collection est maîtrisée et sublimée par les projections de couleurs et d’ombres qui accompagnent la légèreté des formes et la transparence des tissus…


DAY 3 : Y/PROJECT



🇬🇧 YARI: Glenn Martens, the virtuoso designer of Y/Project, created a play of theatrical craftsmanship that is not based on a precise narrative, but is a patchwork of ideas and suggestions. Martens’ adrenaline of the shapes and cuts, which masterfully expand from feminine to masculine, produced a captivating kinetics of the clothes, a scenicity given by the disorder of the details and by the vast repertoire of (de)constructions and layerings converging in the collection.


🇫🇷 PACÔME: Pas de fioritures dans la présentation Y/Project: un son coupé, un fond beige, pas de narration ni d’acting, c’est sur le vêtement que Glenn Martens réclame notre attention… Et pour cause : sa maîtrise est telle qu’elle offre une multitudes de possibilités différentes de le porter. Le design et le styling ne font qu’un, c’est une nouvelle prouesse dans la construction des formes, les statures sont magnifiées et les volumes infinis incarnent la personification de la complexité des émotions.


DAY 4 : ISSEY MIYAKE



🇬🇧 YARI: A colorful and exuberant artistic incipit, the one of the designer Satoshi Kondo x Issey Miyake who addresses, in his own terms, the reductionism and compactness of our times, and today’s need for practical clothes which can be easily transported from one destination to another. The functional beauty and the versatility are always the best qualities of the Japanese brand’s production but, in this collection, Kondo establishes a real ‘engineering of garments’ without repudiating the joyful imaginative whim which is part of the indelible legacy of the founder.


🇫🇷 PACÔME: Sans surprises, Issey Miyake présente un vestiaire haut en couleurs s’intéressant cette fois à son côté pratique : Unpack the Compact. Contemporain dans sa forme, utilitaire sans sa matière, malléable, customizable, inspiré : Satoshi Kondo présente pas moins de 5 séries différentes pour composer sa nouvelle collection printemps-été.


DAY 5 : ANDREAS KRONTHALER for VIVIENNE WESTWOOD



🇬🇧 YARI: The acute and intellectual divertissement of Vivienne Westwood produces profound meanings, of social commitment, and allows us to investigate, with fabric structures, the epidermal contours of our sensoriality. Andreas Kronthaler seems to open up more and more to the creation of clothes that explore the need to re-consider our identity (and fragility) by narrating the human corporeality through his fragmented, fast, imprecise, ironic creations.


🇫🇷 PACÔME: Du côté de chez Vivienne Westwood, on ne nettoie pas les traces au sol, le trop-pleins de blancs qui entre dans l’objectif du smartphone fait clignoter l’image, et l’ingénieur son reste à la maison. Andreas Kronthaler offre une collection excentrique à l’image de la créatrice punk de 79 ans. Les genres sont présents mais complètement travestis, la question de l’identité est insistante et la réponse, inchangée : liberté.


DAY 6 : BALENCIAGA



🇬🇧 YARI: Fashion in the hands of Demna Gvasalia is a detonator, a dangerous device able to make any conventionality and limitation implode. Balenciaga’s statement of the season was sustainability, and it came to life in a ‘magnified’ offering – assembling silk pijamas, deconstructed denims, tracksuites and tailored coats- which, according to the Georgian designer, is supposed to last for a very long time – only in theory, I would say, as fashion is volatile par excellance- in order to reduce the impact the textile and clothing industries have on the environment.  


🇫🇷 PACÔME:Sunglasses at night’ est le titre qui propulse à coups de tonnerre les longs manteaux Balenciaga dans les ruelles humides de Paris, la nuit. L’ultra contemporain Demna Gvasalia offre des silhouettes puissantes et déconstruites dont les larges épaules balancent avec prestance et détermination. L’empowerment viscéral du vestiaire unisexe Balenciaga est au rendez-vous, cette fois-ci construit à 93,5% de matières recyclées ou organiques. Demna continue de jouer à saboter et se ré-approprier les codes en ne présentant qu’une pré-collection SS21 : Elle est hybride, normcore, faite de tenues de soirée en survêtements de sport estampillés « Fashion Week »,  et va jusqu’à revisiter l’iconique robe-filet de Cristobál Balenciaga en y intégrant des chaînes de paniers de basket.



DAY 7 : ROKH



🇬🇧 YARI: Rok Hwang’s spring/summer 21 line for Rokh was a tribute to the youth age; but not to that innocent and naive youth, but to a gothic, apocalyptic, stray and imaginative youth. Between Victorian influences, hints to an obsolete romanticism and to a sordid fetishism (that always helps!), Hwang has put on an irrational and oneiric show.


🇫🇷 PACÔME: La présentation Rokh est quasi éponyme, c’est dans le sable et la pierre et au pieds de collines artificielles qu’à lieu à huit-clos ce défilé à l’ambiance Mad Max. Rok Hwang impose ici toute l’étendue de sa parfaite maîtrise du matériau en assemblant savamment robes de cuir, chaînes, harnais, dentelles, tissus et vinyles.


DAY 8 : LOUIS VUITTON



🇬🇧 YARI: The No-Gender is expressive pathos for Nicolas Ghesquière who finds concrete expression of the contemporaneity in clothes that do not define any biological sex; in an act of resistance that is more poetic than political. The Louis Vuitton collection incites the fervent ecosystem of creativity to populate that ‘middle ground’, that neutral area where there are no differences but only clothes without a reference anantomy.


🇫🇷 PACÔME: ‘VOTE’ s’inscrit sur le premier vêtement du défilé. Si les élections américaines sont à 1 mois de la semaine des collections, Nicolas Ghesquière est parmi des seuls à prendre la parole : « straight to the point » dit-il. Au-delà de son engagement politique, il y a l’engagement sociétal matérialisé par un vestiaire qui mélange les codes. Les pantalons larges et manteaux oversizes sont ceinturés fermement à la taille haute : entre empowerment féminin et liberté du genre, Nicolas Ghesquière assoie une fois de plus savoir-faire et contemporanéité dans l’empire Vuitton.


Pacôme Bosq @etienne_etienne_etienne

YOU MAY ALSO LIKE