CONVERSATION WITH CHANTAL THOMASS 2/2

5 avril 2018
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PALACE YEARS LES ANNEES PALACE 

From left to right : JC de Castelbajac, Régine, Thierry Mugler & Chantal Thomass Palace club, 1982
How have you lived « Palace years » ? There are many pictures on which we can see people dressed up to the nines, with incredible outfits. What was it like to get ready for such parties?
It is true that we spent hours dressing,  doing make up and etc. It was the ritual before hanging out. With my best friend, Marianne McEvoy, who worked at WWD, we spent hours getting ready. I had my atelier make my outfits so I had a different outfit for each night. Delirious stuff ! At this time, we had much less pressure, fewer fashion shows. We had time to take time.
Comment avez-vous vécu « les années Palace » ? Il y a beaucoup d’images sur lesquelles on voit des personnes très apprêtées, aux looks incroyables. C’était quoi le rite de préparation ?
C’est vrai qu’on passait des heures à se préparer ! C’était le rituel avant de sortir. Avec ma meilleure copine, Marianne McEvoy qui travaillait au WWD, on passait des heures à s’habiller, se préparer, se faire des coiffures invraisemblables. Moi je faisais faire mes tenues sur mesure par l’atelier, j’en faisais faire une différente pour chaque soirée. Mais des trucs délirants ! A l’époque on avait moins de pression, moins de défilés. On avait le temps de prendre le temps.
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Clio Goldsmith, Michel Klein and Helmut Berger attend the inauguration of the « Palace » in 1979 in Cabourg. – photo by Bertrand Rindoff Petrof
And there is this anecdote of Cabourg…
That was amazing.
During a summer Le Palace had moved to the casino of Cabourg. For the opening, they rented a whole train to make the trip with two bars and a nightclub.
Et puis il y a cette anecdote de Cabourg…
Oh oui, alors ça c’était dément. Pendant un été le Palace s’était déplacé au casino de Cabourg. Pour l’ouverture, ils avaient loué un train pour faire le voyage avec deux bars et une boite de nuit.
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Clio Goldsmith and Helmut Berger attend the inauguration of the « Palace » in 1979 in Cabourg. – photo by Bertrand Rindoff Petroff
There was a nightclub wagon ?
Literally ! the trip lasted two hours. Clio Goldschmidt was stone drunk on the bar (laughs). That night I had to make two outfits, one for trip and another one for the casino’s party. I had a kind of a panty with a buoy sewed around my waist which was held up with straps in blue silk and… another similar little buoy on my head ! (laughs)
So imagine when locals from Normandy saw us arriving at the train station… all over -dressed, even disguised. It was funny !
When we arrived, I changed into a tight jumpsuit made of night blue silk, pearled by hand, with starfishes ! – It is true that at this time we spent money on that – And I remember that on this night, Clio Goldschmidt who was a goddess, had gone bathing with a guy on the beach. She came back to the party, totally naked, covered in sand ! (laughs). It was delirious !
Il y avait un wagon boite de nuit ?
Littéralement! Le trajet a duré deux heures. Il y avait Clio Goldschmidt sur le bar ivre morte (rires). Ce soir là je m’étais fait faire deux tenues, une pour le voyage et une pour la soirée au casino. J’avais une espèce de culotte avec une bouée cousue autour de la taille qui tenait avec des bretelles en satin bleu ciel et… une autre même petite bouée sur la tête ! (rires)
Alors les normands, quand ils nous ont vu arrivés à la gare… C’était marrant, on a débarqué, tous sur-habillés, mais presque déguisés !
A l’arrivée, je m’étais changée, je portais une combinaison moulante en jersey de soie bleu nuit, perlée à la main, avec des étoiles de mer ! – C’est vrai qu’à l’époque on claquait de l’argent là-dedans – Et je me souviens qu’à cette soirée, à un moment, Clio Godschmidt, qui était une déesse, était partie se baigner avec un mec sur la plage. Et elle revenue dans la fête, totalement nue, couverte de sable. (rires). Ah, c’était assez délirant quand même !
LA LINGERIE LINGERIE
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Chantal Thomass 1979 & 1985 runways, showing lingerie on catwalks 
In your career, there is this fateful day when you decide to integrate lingerie.
Yes, it came quite quickly actually, from 1975. I didn’t know anything about lingerie, because at that time when we had small breasts we didn’t wear bras. Otherwise, the few pairs of underwear that I knew of were functional; our mothers wore white or flesh colours, very classic things. And I discovered 1940-1950 fine lingerie by leafing through old magazines. I thought it was too bad that there was no more lingerie like this so I wanted to put some in my fashion show, as accessories.
Dans votre parcours, il y a ce jour fatidique où vous décidez d’intégrer de la lingerie.
Oui, c’est arrivé très vite à vrai dire, à partir de 1975. Je ne connaissais pas bien la lingerie, par ce qu’à l’époque quand on avait des petits seins on ne portait pas de soutien-gorge. Sinon, le peu de sous-vêtements que je connaissais n’étaient que fonctionnels, nos mères portaient du blanc ou du chair, des choses très classiques. Et j’ai découvert la lingerie fine des années 1940-1950 en feuilletant de vieux magazines. J’ai trouvé dommage qu’il n’y en ait plus alors j’ai voulu en mettre un peu dans mon défilé, en tant qu’accessoires.
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Chantal Thomass, 1993
It is good to know that at the time, more than half of what was shown on fashion shows would never be sold. There were only fashion shows pieces that we made aside commercial pieces. There were only there for the spectacle. So when I decide to integrate lingerie, it was as spectacular pieces, without thinking of selling them. Until I began to really design lingerie, meaning bra-panty-garters, that pleased a lot of the journalists who were my age. And little by little, the photos of my collection which were chosen by the press were ones showing lingerie.
Il faut savoir qu’à l’époque, plus de la moitié de ce qui défilait ne serait jamais vendu. Il s’agissait de pièces de défilés qu’on faisait en plus des pièces commerciales pour le spectacle. Et donc lorsque je décidais d’intégrer de la lingerie, c’était en tant que pièces spectaculaires, sans penser à les vendre une seule seconde. Jusqu’à ce que je commence à faire de la vraie lingerie, c’est-à-dire du soutien-gorge-culotte au porte-jarretelles, qui a eu beaucoup de succès auprès des journalistes de mon âge. Et petit à petit, au fil des années, la photo de ma collection qui était choisie par la presse c’était celle montrant la lingerie.
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« C’est ma carte de voeux » the photograph that insprired the Chantal Thomass logo later. D.A Benoit Devarrieux, 1982
At the same time, you met Benoit Devarieux which was also going to be an important meeting for your brand.
Benoit is a publicist that I met at friends in 1981. His idea was to communicate on myself rather than on my collections. We began working together on a photo-shoot from which he took this portrait in Chinese shadows that became the logo of Chantal Thomass. He also convinced me to make ads for the press. The idea was to publish an ad, always in black and white, playing with my silhouette, just a few days before or after the fashion show. For example, he had a picture of me on holiday in the Seychelles on which we could see me far away in swimwear on a rockand we wrote: “I’m on holiday, I’m back on the 2nd”. But 3 days after there was a party at Le Palace that I did not want to miss, and Benoit didn’t want me to go there because of this advertising which said that I came back on 2nd ! (laughs)
C’est à ce moment que vous rencontrez Benoit Devarieux, qui va lui aussi être une rencontre importante pour votre maison.
Benoit est un publicitaire que je rencontre chez des amis en 1981 dont l’idée était de communiquer sur moi plutôt que sur mes collections. On a commencé à travailler ensemble avec une séance photo dont il a tiré ce portrait en ombres chinoises qui est devenu le logo de la maison. Et puis il m’a convaincue de faire de la publicité dans la presse. L’idée était de faire paraitre une page de pub, toujours en noir blanc, jouant avec ma silhouette, quelques jours avant ou après le défilé. Par exemple, il avait une photo de moi en vacances aux Seychelles où on me voyait de très loin sur un rocher avec la légende « je suis partie en vacances, je reviens le 2 ». C’était paru le lendemain du défilé, comme si j’étais partie en vacances après le show. Mais trois jours après il y avait une soirée au Palace que je ne voulais pas manquer et Benoit ne voulait pas absolument pas que j’y aille à cause de cette publicité, qui disait que je revenais le deux ! (rires)
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« Vive la Frange ! » Chantal Thomass ad, 1990 – D.A Benoit Devarrieux
« J’espère que ça vous a plu » & « Je reviens le 2 » Chantal Thomass ad, 1983 – D.A Benoit Devarrieux
So you didn’t go?
I think I did. (laughs) 
We did very funny things with Benoit. His stroke of genius was to play with my image and not my person, which led to beautiful adverts. Then, Japanese investors arrived. We had a lot of disagreements because they didn’t understand Benoit’s way of working. 
Et vous n’y êtes pas allée ?
Je crois que j’y suis allée quand même. (rires) On a fait des trucs très drôles avec Benoit. Son coup de génie était de jouer avec mon image et non ma personne, ce qui a donné lieu à de belles publicités. Et puis les investisseurs japonais sont arrivés. On a eu beaucoup de désaccords, car ils ne comprenaient la manière de travailler de Benoit.
SCANDAL COME BACK RETOUR-SCANDALE 
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Chantal Thomass in front of one of Galeries Lafayette’s shop windows that created scandal in 1999, Paris.
After the legal problems with the Japanese investors, you succeeded in  regaining the  rights to your name and you could make you come back at Galeries Lafayette in 1999. A scandal-come back.
Galeries Lafayette wanted to be the first to have the brand in store, so they proposed that I set up an installation in a shop window and hold a fashion show in a room every two weeks. The room was as ugly as possible, low and lit like an administrative office, which was not flattering for lingerie at all. Also, I did not want to make my come back like that. So I proposed to decorate all the shop windows of Galeries Lafayette, to recreate an apartment in these shop windows in which we would let models wander twice a day and would set plastic dummies for the rest of the day.
Après des démêlés judiciaires avec ces investisseurs japonais, vous réussissez à reprendre vos droits sur votre nom et vous faites votre retour aux Galeries Lafayette en 1999. Un retour-scandale.

Les Galeries Lafayette voulaient être les premiers à avoir la marque en magasin, alors ils m’ont proposé d’investir une vitrine et une salle pour faire un défilé tous les 15 jours. Je la trouvais moche la salle, elle était basse de plafond, éclairée comme un bureau administratif, ce qui n’était pas du tout flatteur pour de la lingerie. Et puis je ne voulais pas faire mon retour comme ça. Alors j’ai proposé d’investir toutes les vitrines des Galeries, et d’y recréer un appartement dans lequel on laisserait déambuler des filles deux fois par jour pendant une demi-heure, et on mettrait des mannequins en plastique le reste de la journée.

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Extract of a french tv debate show about the case, Chantal Thomass is on set
And… scandal.
Total scandal from feminists who saw a reference to prostitutes in shop windows, like in the red district of Amsterdam. While there was absolutely nothing indecent ! Girls were not wearing strings, they wore dressing gowns a bit transparent. They posed, they read books, they were not provocative, they did not look like whores at all. But “Les chiennes de garde” made a scandal of it which last two weeks. I’ve had 4 hours of tv debate and 5 hours of radio debates on the subject. I even had to be protected by a body guard. 
Et là, scandale.
Et là, scandale total de la part des féministes qui y voyaient une allusion aux prostituées en vitrines, comme dans le quartier rouge d’Amsterdam. Alors qu’il n’y avait rien d’indécent ! Les filles n’étaient pas en string, elles portaient des robes de chambre un peu transparentes. Elles posaient, elles lisaient des livres, elles n’étaient pas provocantes, elles ne faisaient pas pute une seconde. Mais « les chiennes de garde » en ont fait un scandale qui a duré deux semaines. J’ai eu 4 heures de débat tv et 5 heures de débats radio sur le sujet. J’ai même du avoir un garde du corps tout au long de l’évènement.
Chantal in her appartment, 2017, photo by Louis Teran
Do you think there is a fake feminism ?
In any case, there is demagogy, a complete regression of freedom. We can not say, we can not do anything anymore. That’s alarming. Moreover, I think that in our period marketing is king, before ideas, before creativity. But I think it is just a period. Nowadays we are at the climax, and behind climax there is the renewal. It’s going to change !
Vous pensez qu’il y a un faux féminisme ?
En tout cas il y a de la démagogie, une régression totale de la liberté. On ne peut plus rien dire, on ne plus rien faire. C’est inquiétant. Je pense qu’en plus de cela, nous sommes dans une période où le marketing est roi, devant les idées, devant la création. Mais je crois que ça n’est qu’une période. Aujourd’hui nous en sommes à l’apogée, et derrière l’apogée s’annonce un renouveau. Ca va changer ! 
 
 
 
 
 
 
 
 
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