CONVERSATION WITH CHANTAL THOMASS 1/2

28 mars 2018
.

Bruce and Chantal Thomass – 1970’s

In January the « Nuits Parisiennes » exhibition at L’Hôtel de ville in Paris ended. It had been an opportunity to showcase the creativity of a generation which filled trendy Parisian clubs with the essence of cool. The 1970’s, and 1980’s, decades which echo both freedom and stylistic myths. Two decades which form a touchstone for a generation without borders. Thus, in order to assuage our retro fantasy, we met with French designer Chantal Thomass. Her name, rooted in lingerie could make one forget that Chantal Thomass used to be one of the great figures of the Parisian designers’ wave, carving a place for herself between Montana, Mugler & co. Witness to the evolution of the fashion system and its industry, she also saw a world of cronyism which mutated into corporate groups and multinationals. From her beginnings as young designer, from her years at the Palace & 54, from her inopportune arrival in the lingerie business, to her scandalous come back in 1999, Chantal Thomas tells all.
La semaine dernière se terminait l’exposition « Nuits Parisiennes » à l’Hôtel de ville de Paris. L’occasion de montrer toute la créativité d’une génération qui remplissait de cool les clubs branchés parisiens. Les années 1970, les années 1980, des décennies aux échos de libertés et de mythe stylistiques. Deux décennies résolument auratique pour une génération sans bornes. Alors, pour assouvir notre fantasme retro, nous sommes allés à la rencontre de Chantal Thomass. Son nom si solidement ancré dans la lingerie pourrait faire oublier que Chantal Thomass fut une l’une des grandes figures de la vague des créateurs parisiens, entre les Montana, Mugler & co. Témoin de l’évolution du système-mode et de son industrie, elle a également vu un monde de copinage se muter en groupes et multi-nationales. De ses débuts de jeune designer, de ses années Palace & 54, de son arrivée inopportune à la lingerie, jusqu’à son retour-scandale en 1999, Chantal Thomass raconte.
.
BEGININGS LES DEBUTS 
.

Bruce & Chantal Thomass in front of Ter & Bantine shop – 1970’s

How did you begin in fashion ?
It began when I was 18. A this time, I was dressed in a very eccentric way, with huge platform shoes and mini-mini skirts! As I didn’t have enough money to dress in the way that I wanted, I made my clothes by myself. My boyfriend who studied Fine Arts painted fabrics for me that my mother, who was a seamstress, sewed into dresses. Then, one night I was at a club, a man who had a store in Saint-Germain asked me where was my dress from. When I told him that I made all my dresses by myself, he advised me to sell them.
Comment avez vous mis votre premier pied dans la mode ?
Ca a commencé lorsque j’avais 18ans. A l’époque je m’habillais d’une façon très excentrique, avec des chaussures ultra compensées et des jupes mini-mini ! Comme je n’avais pas beaucoup de moyen, je faisais mes vêtements moi-même. Mon fiancé qui était aux beaux arts me peignait de grand morceaux de tissus que ma mère, couturière, cousait en robes. Et puis, un soir où j’étais en boîte de nuit un homme qui tenait une boutique à Saint-Germain m’a demandé d’où venait ma robe. Quand je lui ai dit que c’était moi qui faisais mes robes, il m’a conseillé de les vendre.
.

left : Dorothé Bis show – right : Ter & Bantine show 1971

So you went at Dorothée Bis…
I went to the studio with three little dresses. Elie and Jacqueline Jacobson, who were the founders of Dorothée Bis, liked them and ordered some pieces. Then, I went to Saint-Tropez in order to drop three other dresses in a store above the café des arts. A few days later, the shopkeeper called to tell me that he sent one of the dresses to Brigitte Bardot and another one to Michelle Mercier. He ordered 20 more dresses. At this moment, we had to find a name. As the dresses were hand-painted, my boyfriend used turpentine, so we had this idea of Ter et Bantine which sounded great. After that, things happened quickly, I received a lot of press quickly. It was easy at that time because we were few fashion designers and press was freer, there were no big firms with advertising concerns yet…
Et vous êtes allée voir Dorothée Bis…
Je suis allée au studio, juste au dessus la boutique, avec mes 3 petites robes pliées dans un panier. Elie et Jacqueline Jacobson, qui étaient les fondateurs de Dorothée Bis, ont  trouvé ça marrant et ils m’ont commandé quelques pièces. Puis, je suis allée à Saint Tropez pour déposer 3 autres robes dans une boutique au dessus du café des arts. Quelques jours plus tard, le boutiquier me rappelle et me dit qu’il avait vendu une des robes à Brigitte bardot et une autre à Michelle Mercier. Il m’en recommandait 20. Alors là ça prenait une toute autre tournure, il fallait trouver une équipe, nous trouver un nom. Comme les robes étaient peintes à la main, mon copain utilisait de la térébenthine, et donc nous est venu ce nom de Ter et Bantine qui sonnait bien. Ensuite, ça a été très très vite, j’ai eu de la presse assez rapidement. C’était facile à l’époque car on était peu de jeunes créateurs et la presse était plus libre, il n’y avait pas encore de gros groupes avec des soucis d’annonceurs…
.

Chantal Thomass 1970’s

But reviews could be more acerbic…
Yes ! In the Figaro or the Herald Tribune, you could be assassinated. But girls from Elle and Marie-Claire who were my age were very enthusiastic. We were on the same page. They were able to photograph whatever they wanted, nothing was imposed upon them. In 2 years, I was famous.
Et en même temps les critiques pouvaient être plus acerbes…
Ah ça oui ! Au figaro ou au Herald Tribune, vous pouviez vous faire assassiner. Mais les filles du ELLE et du Marie-Claire qui avaient mon âge, elles, étaient très enthousiastes. On était sur la même longueur d’onde. Elles photographiaient ce qu’elles voulaient, on ne leur imposait rien. En 2 ans j’étais connue.

Chantal Thomass for Ter et Bantine, autumn-winter 1977

Then, you give up the name of Ter & Bantine for Chantal Thomass
Ter & Bantine was very junior, and I had grown up. 
At the same time, Mugler, Montana, Gaultier & Beretta were arriving and they all worked under their names. Kenzo, who had begun under the name of Jungle Jap, renamed his house too.
Ensuite vous abandonnez le nom de Ter & Bantine pour Chantal Thomass
Oui, Ter & Bantine était très très junior, et moi j’avais grandi. Et c’est à ce moment là que sont arrivés les Mugler, Montana, Gaultier & Beretta qui travaillaient tous avec leur nom. Kenzo, qui avait commencé sous la griffe Jungle Jap, a renommé sa marque de son nom également.

 Chantal Thomass presenting her collection on French TV, 1978

You and this new designers were close friends.
We were a real crew ! We hung out, we travelled together. We went and saw each other’s fashion shows, it was really great. There was no rivalry because we all had our own style and we respected each other. A bit older than us, there were Sony Rykiel and Karl at Chloé, who already were famous. We, were still outside.
Vous étiez très amie avec tous ces nouveaux créateurs.
On était une vraie bande ! On sortait, on voyageait ensemble. On allait voir les défilés les uns des autres, c’était très sympathique. Il n’y avait pas de rivalité par ce qu’on avait chacun notre style et on se respectait mutuellement. Un peu plus vieux que nous il y avait Sonya Rykiel et Karl chez Chloé, qui s’étaient déjà fait un nom dans le milieu. Nous, on était encore en marge.

From left to right : Chantal Thomass, Claude Montana, Sonia Rykiel, Kenzo Takada

Not for long…
Actually, at this time we were all registered at the Ready-to-wear federation which had some constraints. For example, as créateurs brands, we could not be mentioned on TV because it was viewed as advertising. At this time, only Haute Couture houses could be broadcasted because it was considered as an artform. But, we, had nothing to do with classic ready-to-wear, we were ufos. Pierre Bergé, who was already very smart, understood that it would be better to integrate these young people who were gaining success, and Jack Lang (1980’s French Culture Minister) passed a law allowing us access to TV. This explains the ultra saturated media coverage of the 1980’s French fashion scene.
Mais pas pour longtemps…
En fait, à l’époque on était tous inscrits à la fédération du prêt à porter, qui avait certaines contraintes. Par exemple, en tant que marques-créateurs, nous n’avions pas le droit d’être cités à la télévision par ce que c’était considéré de la publicité. Il n’y avait que la haute couture qui avait le droit d’être retransmise car elle était considérée comme un art. Mais bien-sur nous, nous n’avions rien à voir avec du prêt à porter classique, nous étions des ovnis. Alors Pierre Bergé, qui était déjà très malin, s’est dit qu’il vaudrait mieux intégrer ces jeunes qui font parler beaucoup d’eux, et Jack Lang a légiférer pour nous ouvrir à la télévision. D’où l’ultra médiatisation de la scène mode des années 1980, dont on a bien profité. 

Chantal in her appartment, 2017, shot by Louis Teran

Is it at this time that the crew dissociated ?
Rivalries sprung up where there were not before, mainly between Mugler and Montana who enjoyed a lot of success. There were too many economic issues, we had grown up and we had financial interests at stake. So if there was one of us who had 3 pages in ELLE and another that did not have one… We counted the pages ! Then, there were also fashion shows reviews which could be hard. Janissa May, Suzy Menkes, they were fearsome. So we oversaw each other a bit.
C’est là que la complicité au sein de votre « bande » s’errode ?
Il  y a eu une rivalité qu’il n’y avait pas avant, surtout entre Mugler et Montana qui avaient beaucoup de succès. Il y avait trop d’enjeux, on avait grandi et on avait tous nos intérêts. Donc s’il y en avait un qui avait 3 pages dans ELLE et qu’on les avait pas… Quand il y avait des numéros spéciaux mode, on comptait les pages ! Et puis après, il y avait effectivement les papiers de lendemain de défilé qui pouvaient être assassins. Janissa May, Suzy Menkes, elles étaient redoutables. Donc on se surveillait un peu.
.
next week, PART 2: PALACE YEARS LES ANNÉES PALACE 
.
.
.
.
CATCH US ON INSTAGRAM
Something is wrong.
Instagram token error.
1

YOU MAY ALSO LIKE